Et oui! La téléréalité québécoise revient en force cette année avec la quatrième saison de Loft Story. Comme un bon nombre de Québécois branchés devant leurs téléviseurs à faire du voyeurisme, j’ai moi aussi écouté le premier épisode de cette série qui, selon moi, est totalement ridicule. Avant d’écrire ce commentaire, j’ai lu celui de Janic* ainsi que les autres commentaires concernant le même sujet. Mais j’ai tout de même voulu écrire celui-ci puisqu’il ne traite pas des mêmes points et car j’en avais long à dire.
En effet, dans cet épisode d’une heure et demie, l’animatrice de plateau et son équipe de « spécialistes » ont présenté les nouveaux lofteurs au public à l’aide de vidéos « représentatifs » de ces derniers. De plus, cette équipe de soit disant spécialistes, formée de psychologues et de personnalités québécoises connues, a aussi critiqué chacun des lofteurs et tenté de comprendre leurs stratégies de jeu. Mais connaissent-ils vraiment quelque chose au sujet de la téléréalité et de la vie en communauté ? Cependant, j’ai écouté cet épisode avec un certain recul critique afin de pouvoir mieux observer la façon dont les émissions sont formées. Ces dernières sont construites afin de laisser circuler « subtilement » le message que les producteurs veulent passer aux téléspectateurs. Ils ne montrent que ce qu’ils veulent réellement montrer. S’agit-il donc encore de téléréalité ou est-ce une émission arrangée par la magie du montage ?
Voici un exemple de message véhiculé par la magie du montage, concernant une valeur très facile à reconnaître, soit la différence entre le bien et le mal. Premièrement, lors de leur présentation personnelle, Sébastien (un des lofteurs) s’est montré plutôt arrogant et prétentieux en se décrivant comme étant une personne manipulatrice, aimant se faire détester. Selon sa description, le Loft serait un jeu d’échec et les autres lofteurs ne seraient que des pions qu’il éliminera les uns après les autres puisque il est le roi. Sébastien a aussi affirmé dans sa présentation qu’il jouerait le rôle du vilain lofteur et que s’il y a un héro dans chaque histoire c’est parce qu’il y a un méchant à combattre. Ne s’agit-il pas d’une représentation des différences entre le bien et le mal ?
Peut-être s’agit-il tout simplement d’une stratégie de marketing comparable au « personnage de bad boy » de Mathieu, qui a grandement attiré l’attention lors de la saison 2006 ? Deuxièmement, lorsque les spécialistes ont fait leurs critiques des candidats, soit peu longtemps après les descriptions des lofteurs, ils ont énuméré presque tous les aspects positifs et négatifs de ces derniers. Cependant, en ce qui concerne le fameux Sébastien, la majorité des spécialistes s’est entendu pour décrire le lofteur comme étant un maniaque qui attire la curiosité en faisant un peu peur. Ils l’ont caractérisé comme étant une sorte de méchant qui représente le mal à l’intérieur du loft.
Selon moi, cette critique de la part des spécialistes n’est qu’un moyen efficace pour accentuer la crédibilité du personnage, afin que les spectateurs assimilent l’image méchante de ce dernier que les producteurs voulaient réellement montrer. Finalement, pour s’assurer que l’image du méchant a bien été intériorisée par le public, le Maître donne une mission aux lofteuses. Celle-ci consiste à déterminer parmi les lofteurs, celui qui semble avoir le moins confiance en lui. Pour ce faire, les filles ne peuvent se baser uniquement que sur des photos des lofteurs, puisqu’elles ne les ont jamais rencontrés. Et comme si le Maître aurait voulu influencer le choix des filles, les cadres sont dotés de photos démontrant les côtés sportifs, physiques ou esthétiques des garçons. Cependant, la photo de Sébastien est une image de lui, caché derrière un livre de philosophie. Ce qui ne lui laisse pas beaucoup de chance si on compare son profil à celui des athlètes et des mannequins qui l’entoure. S’agissait-il selon vous, d’une intervention volontaire des producteurs afin de guider le choix des lofteuses ?
Bon, pour finir, je veux seulement préciser qu’il ne faut pas croire tous ce que l’on voit à la télévision. Il s’agit d’un gros “business” qui ne cherche qu’à faire le plus de profit possible, en contrôlant et en faisant croire au public toutes sortes de choses arrangées au montage. Le documentaire: “Opération Lune” de William Karel est un exemple parfais de montage truqué, démontrant qu’il ne faut pas croire tous ce que l’on voit à la télévision. En effet, ce faux documentaire dénonce le fait que la NASA n’aurait pas filmé les images de Neil Armstrong sur la lune, mais bien en studio. Et que par la suite, le gouvernement américain aurait fait assassiner tous les complices de cette arnaque. Cependant, les gens qui y témoignent ont “participés au jeu” en acceptant de lire un script comme des acteurs.
Selon moi, les mots télé et réalité ne devraient pas être employés ensemble pour d’écrire une émission, puisque se sont des mots ayant des significations complètement différentes.
***Voici un lien vers le commentaire de Janic au sujet de Loft Story: http://janic33.wordpress.com/2007/09/27/loft-story-encore/

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